La récente DANA (Dépression Isolée en Niveaux Élevés) qui a frappé la Communauté valencienne a laissé derrière elle un scénario complexe, non seulement à cause des dommages matériels et humains, mais aussi sur le plan juridique, avec des situations nécessitant une résolution.
Parmi les nombreux défis, l’impact sur les contrats de location se distingue, en particulier pour les biens devenus totalement ou partiellement inutilisables.
Dans ce contexte, le principe rebus sic stantibus prend toute son importance. Ce principe, d’application exceptionnelle, permet la modification ou la résiliation des contrats lorsque des événements extraordinaires et imprévisibles modifient profondément les conditions dans lesquelles les parties avaient convenu de leurs obligations, entraînant un déséquilibre entre elles.
Application du principe en cas de force majeure
La DANA peut être considérée comme un événement de force majeure, car elle répond aux critères d’imprévisibilité et d’inévitabilité. Par conséquent, si un bien loué a subi des dommages graves empêchant son usage normal — par exemple, à cause d’inondations ou de destruction partielle —, le locataire pourrait invoquer la clause rebus sic stantibus pour renégocier les termes du contrat ou même demander sa résiliation, en fonction des circonstances et de l’impact sur le local commercial.
Conditions d’application de rebus sic stantibus
Pour que ce principe soit applicable, certaines conditions établies par la jurisprudence espagnole doivent être remplies :
- Modification extraordinaire des circonstances : La DANA représente une circonstance imprévisible et survenue de manière exceptionnelle.
- Déséquilibre des prestations : Si le locataire ne peut pas utiliser le bien ou doit supporter des dépenses imprévues (par exemple, des réparations temporaires ou un déménagement), un déséquilibre économique significatif se crée.
- Absence de faute des parties et manque d’un autre moyen de rééquilibrage : Aucune des parties ne doit être responsable de la situation, et il ne doit pas exister d’accord exprès entre les parties régissant les modalités de rééquilibrage du contrat. Si un tel accord existe, il prévaut.
Conséquences pratiques
Dans le cas de biens devenus inutilisables à cause des inondations, le locataire pourrait :
- Demander une réduction du loyer : En fonction du degré d’inutilisation du bien.
- Suspendre temporairement le contrat : Jusqu’à ce que le bien soit réparé.
- Résilier le contrat : Si les dommages sont irréparables ou si les conditions du contrat ont été profondément altérées.
De son côté, le propriétaire doit envisager d’activer les assurances correspondantes pour couvrir les dommages et gérer la situation.
Analyse juridique et assurances
Il est essentiel d’analyser chaque cas individuellement et de vérifier si le contrat contient des clauses prévoyant des situations de force majeure. En outre, la couverture des assurances souscrites, tant par le propriétaire que par le locataire, jouera un rôle important, voire déterminant, selon les cas, dans la résolution des conflits.
Le principe rebus sic stantibus apparaît comme un outil permettant de rééquilibrer les charges contractuelles et de rechercher des solutions justes dans un contexte extraordinaire. Chaque cas devra être examiné pour déterminer la solution la plus appropriée.


